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| Jaquette de The Way Of All Flesh |
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mercredi 25 février 2015
L'Instant metal de février 2015 : cocorico !
Enfin, la Bande Son est de retour ! Pour marquer le coup, pourquoi ne pas présenter les meilleurs ambassadeurs français dans le domaine du metal ? Les connaisseurs auront largement compris que je parlais du groupe de death metal Gojira, dont l'album The Way Of All Flesh laisse rarement indifférent.
Dire que Gojira est un simple groupe de death metal relèverait presque du blasphème. Du groove ? Du prog ? On commence à chauffer. Formellement, on trouve deux grands aspects musicaux. L'un tendant vers le riffs techniques et à la précision rythmique extrêmement pointue (Oroborus, All The Tears), qui ne serait pas sans rappeler les scandinaves de Meshuggah (ils sont partout !), le côté mécanique et déshumanisé en moins. Car ce qui impressionne également chez nos frenchies, c'est le côté organique et naturel de l'album, malgré sa précision minutieuse, qui nous mène vers le deuxième atout : l'album est bourré d'ambiances (le pont de Toxic Garbage Island, Vacuity) qui n'est pas sans rappeler une idée qui revient constamment dans l'univers du groupe, à savoir, la nature. D'ailleurs, en plus d'être bien amené musicalement, l'album est fort d'un concept mille fois repris mais traité d'un façon différente : la mort. Mais quelle mort ? Celle de Gojira est vue d'un point de vue naturelle et spirituelle. De quoi balayer les clichés du death metal "classique" qui préfère soulever le côté "physique" de la chose. Pour en revenir à la forme, un point intéressant à évoquer est le chant : Joe Duplantier sait autant livrer des growls et hurlements puissants que dans une forme hybride de chant crié et de chant clair, ce dernier étant très peu présent sur l'album. Le tout est au service d'une production lourde, efficace, digne du son moderne américain. Et pour cause : les pistes de batterie ont été enregistrées à Los Angeles avec Logan Mader, producteur et ancien guitariste reconnu dans le milieu, également chargé du mixage et du mastering. Une dernière chose : on note l'apparition du chanteur Randy Blythe de Lamb Of God, venu hurler sa rage sur un Adoration For None bien groovy comme il se doit. Et si vous n'êtes pas convaincus par cet article, admirez juste le talent des ces jeunes fourbes dans ce live de Toxic Garbage Island, enregistrée aux Vieilles Charrues édition 2010.
mercredi 14 janvier 2015
L'Instant metal de novembre 2014 : entrée vers le rêve
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| Jaquette d'Intrinsic |
P.S. : ça fait déjà un moment que c'est le cas, mais grosse dédicace à Morgan pour qui c'était la dernière Bande son !
samedi 29 novembre 2014
L'Instant metal : comme si Deftones faisait du metalcore...
...en tout cas, c'est la seule comparaison que j'ai trouvé pour qualifier Sempiternal, le dernier album en date de Bring Me The Horizon.
Pour en parler, je suis obligé de revenir sur les précédents efforts de BMTH (tout en sachant que je ne les ai jamais écoutés en entier...).
Car BMTH, au départ, c'est du gros deathcore sur leur premier album Count Your Blessings : bourrin mais très peu original et assez lassant. De plus, l'image assez sombre qu'ils se donnent cache une bande d'adulescents qui se veulent rebelles, mais cela ne fait que leur donner l'étiquette de "groupe de teenagers". Les albums suivants les mène vers une évolution légèrement plus mélodique et plus expérimentale, mais l'esprit "teenager" est toujours là. Alors, quand j'ai écouté le premier extrait de Sempiternal, autant vous dire que je me suis demandé si on avait bien affaire au même groupe...
En effet, le BMTH de 2013 n'a rien à voir avec celui de 2006. On a droit à un metalcore très atmosphérique et bourrés d'influences variées. Le côté bourrin reste sur certain morceaux (The House Of Wolves, Antivist), mais les riffs sont beaucoup moins techniques. Dans tous les cas, une bonne majorité des morceaux donnent dans l'ambiant et l'atmosphérique, voire l'épique (Shadow Moses, Go To Hell For Heaven's Sake). L'ajout d'un claviériste apporte énormément au groupe et lui permet d'imposer des influences venant de l'electronica (Can You Feel My Heart), l'ambient et dans une moindre mesure, la dubstep. Mais le changement le plus flagrant reste au niveau du chant. Tandis qu'Oli Sykes nous lançait des growls puissants et des cris perçants (et probablement retravaillés en studio...) sur Count Your Blessings, il nous gratifie toujours d'un chant hurlé plus orienté hardcore, mais surtout d'un chant clair, encore criard mais extrêmement puissant. On retrouvera d'ailleurs deux facettes sur cette album : une plus rentre-dedans et qui envoie des gros riffs puissants et bourrés d'atmosphères, et une autre plus calme, amenés par les guitares claires, les ambiances et les boîtes à rythme. En bref, un album très abouti et mature qui montre, sûrement le meilleur de BMTH pour longtemps.
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| Bring Me The Horizon (ou BMTH pour les intimes) |
Car BMTH, au départ, c'est du gros deathcore sur leur premier album Count Your Blessings : bourrin mais très peu original et assez lassant. De plus, l'image assez sombre qu'ils se donnent cache une bande d'adulescents qui se veulent rebelles, mais cela ne fait que leur donner l'étiquette de "groupe de teenagers". Les albums suivants les mène vers une évolution légèrement plus mélodique et plus expérimentale, mais l'esprit "teenager" est toujours là. Alors, quand j'ai écouté le premier extrait de Sempiternal, autant vous dire que je me suis demandé si on avait bien affaire au même groupe...
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| Jaquette de Sempiternal |
samedi 22 novembre 2014
L'Instant metal : avis aux détracteurs
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| Jaquette de Metal :Voyage au cœur de la bête |
Entre autres réalisé et produit par l'anthropologiste et musicien canadien Sam Dunn, ce film vise à comprendre d'où vient le style dont je vous rabâche les oreilles et pourquoi il est autant décrié. Dunn décortique donc la culture metal sous divers aspects tels que les racines musicale, la violence, la notion de genre ou encore le satanisme.
Bonus : un petit morceau extrait de la bande originale du film !
vendredi 19 septembre 2014
Casseurs Flowters : lâcheté, brutalité, précipitation...
Amis de la finesse et de la poésie...passez votre chemin. Tout du moins, pas ceux qui les apprécieraient avec une pointe de débauche. Révélés il y a quelques années avec Ils Sont Cools sur le dernier album en date d'Orelsan, le duo Casseurs Flowters qu'il forme avec Gringe débarquait l'année dernière avec un premier album après plus d'une dizaine d'années d'existence.
A l'heure où un certain Kanye West se vante d'être "da number one rockstar in da planet" et où d'autres vantent leur "qualités" bien plus fantasmées qu'autre chose, les Casseurs Flowters sont de vrais loosers...et l'assument complètement. Dans ce concept album, inspiré par des classiques comme Ombre est lumière d'IAM, on suit la journée de deux flemmards, de 15h à 6h, ayant pour objectif d'écrire LE single réclamé par leurs producteurs à qui "[ils doivent] de l'oseille". Chaque "action" de l'intrigue est un prétexte à un nouveau morceau traitant de thèmes comme l'amitié ou la débauche (je reste poli). Mais tout cela n'est pas si simple que ça : en effet, cet album est, dans un paradoxe avec le côté fainéant des deux compères, extrêmement bien fait, jouant sur toute cette débauche et cette flemmardise typique déjà de l'univers d'Orelsan. Entre les egotrips et puchlines absurdes (15h45 - Stupide ¡ Stupide ¡ Stupide ¡, 18h30 - Bloqué), les discussions intellectuelles (16h22 - Deux connards dans un abribus,
01h16 - Les putes et moi), les parodies (14h58 - Casseurs Flowters Opening,
01h25 - Johnny Galoche), et les guests hauts en couleurs (01h14 - Couplet de Claude (Interlude),
04h41 - Greenje et Orselane), la galette est un festival de débilité mais également de textes bien écrits et collant parfaitement au contexte. On retrouve également quelques morceaux plus taillés pour le live (20h13 - La nouvelle paire, 22h31 - Fais les backs) et d'autres plus "sérieux" (20h08 - Dans la place pour être,
06h16 - Des histoires à raconter). Gros plus : Skread, entre autres, aux commandes de la production, nous livre des instrus toujours aussi soignées et efficaces. En résumé, un excellent album de rap sous le signe de la flemmardise et de la débauche. A prendre évidemment au second degré.
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| Jaquette de Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters |
vendredi 12 septembre 2014
Abigoba : jazz à tendances urbaines et cinématographiques
Bien que ce style n'est pas celui que j'écoute le plus, le jazz a souvent tendance à m'impressionner. Fragments of Human Words & Voices d'Abigoba ne fait donc pas exception à la règle.
Vu la jaquette et la citation de David Lynch derrière
au verso, on comprend très vite où le groupe lyonnais veut en venir :
cet album se veut un patchwork d'atmosphères dignes de grandes
productions cinématographiques. A l'écoute de la galette, le pari est
réussi, à tel point qu'on pourrait même entendre le film tourner pendant
le morceau. La principale force du disque réside surtout dans la
capacité à passer d'une ambiance à une autre grâce à la richesse du
style nu jazz qu'impose Abigoba. Ainsi, on retrouve des influences
variées, venant du jazz, de la soul, du funk, du hip-hop et de l'electro
; des morceaux calmes et ambiants aux pièces plus dynamiques et
rythmées ; toujours en gardant une ambiance urbaine typique du style et
surtout du groupe. De quoi satisfaire à peu près tout le monde, chacun
pouvant imaginer une scène, allant du polar au décor SF dystopique en
passant par le film d'auteur. Évidemment, la performance est de qualité
que ce soit de la part des membres du groupes ou des musiciens de
session dont l'énorme Erik Truffaz. Seul China Moses me laisse un peu de
marbre, simple question de goût. Abigoba nous sert donc un nu jazz
chargé d'ambiances et de musicalité, toujours dans un cocktail
d'influences urbaines riche et varié.
P.S. : un grand merci à Jean-Luc Briançon, le master of soul, pour m'avoir offert cet album et à sa fille pour m'y avoir fait jeter une oreille !
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| Jaquette de Fragments of Human Words & Voices |
P.S. : un grand merci à Jean-Luc Briançon, le master of soul, pour m'avoir offert cet album et à sa fille pour m'y avoir fait jeter une oreille !
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vendredi 5 septembre 2014
Monuments (du djent ?...)
"Encore un !" me diriez-vous. Il est vrai que cet article est consacré à un énième groupe de djent, la vague moderne de metal progressif et expérimental. Laissez-moi quand même vous donner quelques arguments en la faveur de Gnosis des anglais de Monuments.
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| Jaquette de Gnosis |
mercredi 27 août 2014
Periphery : "mais oui, c'est clair !..."
En attendant le troisième album Juggernaut qui devrait arriver d'ici peu, Periphery nous gratifie d'un mini-album/EP au concept très original.
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| Periphery |
En effet, Clear est le fruit d'une expérimentation musicale collaborative : hormis le titre d'ouverture, chaque morceau a été composé par un membre du groupe en particulier, chacun étant également amené à intégrer dans leurs pièces respectives un bout de l'intro. On se retrouve donc avec une galette assez hétérogène dans son ensemble, permettant de cerner le style de chaque membre, entre les envolées pop de certains (Feed The Ground, The Parade Of Ashes) et les instrus plus cérébrales d'autres (Zero, Extraneous). En parlant de pop, il est étonnant de voir que le chant se fait bien plus mélodique et bien plus accessible que dans les précédents albums, à tel point qu'on pourrait croire à du pop rock à grosses guitares. Cependant, les passages plus lourds et autres chants hurlés ne sont pas à exclure : ça reste du djent. En résumé, un mini-album groovy, mélodique et varié qui nous permet de patienter avant l'énorme concept album qui devrait rapidement voir le jour.
mercredi 20 août 2014
Actress, une certaine idée du "son dancefloor"
- Actress Ghettoville
Le cota "bizarre" du jour.
Darren Cunningham est un DJ britannique d'une trentaine d'années qui se destinait à une carrière de footballeur professionnel avant qu'une vilaine blessure au genou ne le sorte des terrains pour le jeter dans les bras de la musique qu'il étudie à l'université.
Il sort un premier album en 2008, Hazyville, qui attise la curiosité de la critique. Son univers sombre, entre musique abstraite et influence des recettes du "son dancefloor" (cher à Fun radio), étonne, provoque et, pour pimenter le tout, le Dj fait preuve d'une attitude un poil cabotine lors de ses interviews.
Ghettoville, son troisième album, co-produit par Ninja Tune, confirme la place à part d'Actress dans le décor électro. Sample un peu faignant, atmosphère planante et froide, on imagine mal la foule en liesse danser lors de son passage aux dernières Nuits sonores. Une armée de zombies à la limite.
Actress s'amuse à tordre le cou au RNB, au rap, à la techno ou à la dub. Il les ralentit jusqu'à la gêne, les essentialise jusqu'à en garder le squelette un brin terrifiant et surtout, pour rendre sa musique et ses sons bien abstraits, il garde autant qu'il peut les "coutures". On croit entendre les pixels sur des sons archi-compressés, les enregistrements donnent l'impression d'avoir été saisis à l'arrache comme sur l'ouverture de l'album, Forgiven, ou d'incongrus gazouillis d'oiseaux accompagnent des nappes à forte connotation industrielle.
L'ensemble est assez perché et étonnant. De l'ambient music pour robots dépressifs. A déconseiller aux plus conservateurs d'entre vous mais pas aux plus curieux qui trouveront là un album surprenant, ardu et furieusement contemporain.
Forgiven
Our
Chroniqué à la Bande Son !
mercredi 13 août 2014
Fuck Buttons, à l'assaut des tympans
- Fuck Buttons Slow focus
Attention, certaines oreilles vont saigner ? Que les plus sensibles d'entre vous s'éloignent, le duo d'Anglais de Fuck Buttons ne fait pas dans la demi-mesure. Calé entre noise et drone (noise pour le côté bruitiste et drone pour le bourdonnement, les sons répétés), leur musique électronique a quelque chose d'expérimental et un peu tordu. Les sons explosent de tous les côtés et le groupe semble prendre un malin plaisir à n'accorder aucune zone de confort à l'auditeur. Leur musique fait mal, mais à celui qui s'accroche, elle procurera de belles émotions.
Slow focus est leur 3ème album, 4 ans après Tarot sport sorti en 2009 qui avait déjà séduit la critique. Un de leur morceau a même été joué pour la cérémonie d'ouverture des J.O. de Londres orchestré par Danny Boyle ! Ah ces Anglais !
Pour cet album, les deux musiciens ont enregistré à la maison, en prenant leur temps et en s'accordant une liberté totale. Si les albums précédents étaient ouverts sur l'extérieur, conçus comme des voyages inter-sidéraux, celui-ci se veut comme une quête intime, une exploration de soi. La richesse de la production est assez vertigineuse et il y a de quoi s'y perdre. L'univers est labyrinthique, foisonnant et parfois violent. On n'en revient pas en un seul morceau, comme lors de leurs concerts qui sont, paraît-il, un déchaînement vertigineux de décibels.
Mais quoi me direz-vous, du bruit, des torsions voire de la torture et le plaisir dans tout ça ? Et bien c'est ça qui rend cet album sympathique, c'est que la beauté ne se laisse pas apprivoiser si facilement. Elle réclame patience et attention et elle n'éclot même pas toujours ou bien après de longues minutes et pas forcément où on l'attendait. Elle réclame une immersion de la part de l'auditeur, une immersion risquée dans un espace mouvant parfois brutal, comme sur le premier titre, Brainfreeze, qu'il fallait avoir le cran de mettre en ouverture. Un trip musical, un vrai !
Brainfreeze
The Red wing
Chroniqué à la Bande Son !
mercredi 6 août 2014
Daniel Avery, robot romantique
- Daniel Avery Drone logic
Par un maléfique coup du sort, le nouveau petit prodige de l'électro chéri des Français amateurs du genre nous vient de la perfide Albion. Daniel Avery a eu l'honneur d'un gros buzz dans toute la presse qui touche de près ou de loin la musique électro et à la reconnaissance d'un concert au prestigieux Grand Palais à Paris lors d'une soirée autour de l'expo Dynamo. Pas mal pour un gringalet de 27 ans encore quasi inconnu il y a un an.
Drone logic est donc son premier album. Le jeune DJ l'envisage comme une réflexion sur la "vibration, le tremblement sonore". Il y a du Chemical Brothers dans sa musique, cette manière d'étirer un son ou un beat jusqu'au dépouillement et d'aménager des transitions, des ponts entre des sons qui mettent l'auditeur/danseur en transe. Et si c'est moins chaleureux que chez les glorieux aînés, c'est que le froid de la machine a pris le dessus. Avery privilégie la complexité à l'émotion, se rapprochant du langage froid de la machine. Pourtant, on a parfois l'impression "d'entendre un robot pleurer" comme disent justement les Inrocks et c'est foutrement beau.
Water jump
Drone logic
Chroniqué à la Bande Son !
mercredi 30 juillet 2014
Mehliana, jazz de l'espace
- Brad Mehldau & Mark Guiliana Mehliana : Taming the Dragon
On ne présente plus Brad Mehldau. L'Américain de 43 ans est un des tous meilleurs pianistes jazz, et pianiste tout court, de sa génération. Mark Guiliana, américain lui aussi, est un batteur de grand talent qu'on a pu entendre aux côtés d'Avishai Cohen par exemple, ça vous place un homme.
Ces 2 là se sont réunis sous le nom de Mehliana l'espace d'un album, Taming the Dragon, pour défricher des régions inexplorées, quelque part entre la musique électronique, bruitiste et le jazz, pour chevaucher le Dragon en fait. Bienvenu dans le monde parallèle du jazz électrique. La prise de risque est total et les amateurs jazz traditionnels de Mehldau risquent de ne pas y trouver leur compte. Tant pis pour les coincés de l'oreille, ils passeront à côté d'une expérience un peu dingo, psychédélique et retorse.
Mehldau aux synthés, Fender Rhodes et piano traditionnelle et Guiliana à la batterie et au bidouillage électro-acoustique s'en donnent à cœur joie et épuisent leurs univers respectifs de référence : Easy Rider et Dennis Hopper, Joe Walsh (membre des Eagles), le LA effrayant et glamour de Lynch, Gainsbourg, le rock, l'électro, le jazz, tout passe à la moulinette. Beaucoup de virtuosité et une recherche permanente de nouveaux rythmes, d'harmonies inédites dans cet album qui ne se laisse pas apprivoiser facilement. Taming the Dragon demande plusieurs écoutes, il est complexe, exigeant mais il récompense à chaque fois son auditeur qui trouvera toujours un nouvel élément, une nouvelle émotion ou qui peut décider de s'y perdre et de glisser dans un tourbillon cosmique sans fond.
L'album commence par le titre, Taming the Dragon. Les nappes de synthés nous plongent directement dans un road-trip Lynchien. La voix de Mehldau accompagne le voyage, rythmé par des pointes de vitesse, pour filer la métaphore routière, à base de synthétiseur Moog et de batterie déchaînés. Par la suite, chaque titre développe son univers propre, richement orné et d'une complexité musicale parfois difficilement digeste. On vous aura prévenu, le Dragon ne se laisse pas approcher si facilement.
Entre son trio acoustique, sa carrière solo et ce nouveau projet de duo électrique, Mehldau est au sommet de sa carrière musicale. Il faut avoir confiance en son talent (et en son public) pour s'engager dans une voix aussi risquée. On salue bien bas, on écoute sagement le maître et on fait tout notre possible pour le suivre, parce que le voyage importe, comme toujours, plus que la destination.
Hungry Ghost
Chroniqué à la Bande Son !
mardi 15 juillet 2014
L'Instant metal de mai 2014 : commentaire litt...musical
Ex Machina est un one-man-band anglais formé en 2010 sur les cendres de Chrysaor, toujours aux commandes d'un unique membre : Kaneda Goda. En 2012, ce dernier met à disposition sur internet (précisément, ici) de façon gratuite et légale son premier album, Neurodancer. Mais en quoi ce premier jet est-il un excellent album de cyber metal ? Nous le verrons en relevant les traits typiques du style, puis en évoquant les impressions que nous laisse cet album.
Tout d'abord, Ex Machina livre ici un album typiquement cyber metal, en l'occurrence, un metal industriel froid et très axé science-fiction/cyberpunk (les cadors du style, pour votre culture personnelle). On y retrouve ainsi les ingrédients stylistiques les plus évidents : les riffs lourds à 6 ou 7 cordes, la batterie ultra mécanique, et les samples, programmation et autres joies synthétiques pour l'ambiance. De plus, étant donné que ce projet ne comporte qu'un seul membre, une bonne partie de l'instrumentation est donc produite par des machines, de quoi accentuer le côté robotique et SF de la galette. Mention spéciale aux excellents leads mélodiques de guitare qui apportent un plus non négligeable. A noter également que l'album est entièrement instrumental (oui, pour une fois, je vous épargne au niveau du chant...).
Un point à soulever concernant l'album est sa simplicité. Puisant ses influences dans bon nombre de groupes de nu metal (style qui se veut plus populaire), ce premier opus est musicalement assez peu exigeant et pas très technique, ce qui n'est pas un défaut en soi et montre que les bonnes choses dans la vie sont les plus simples (j'essaie de regarder de moins en moins la télé, mais elle est fourbe...). En revanche, il est dommage que l'album soit aussi court. Cependant, cela reste une excellente galette qui mérite le coup d'oreille et qui en promet d'autres aussi géniales (pour avoir écouter l'opus suivant, Hadronize, je sais ce que je dis). On peut rapprocher cet album de la vidéo de Shintaisei, à l'atmosphère futuriste, collant parfaitement à l’œuvre.
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| Jaquette de Neurodancer |
| Kaneda Goda, le cerveau d'Ex Machina |
P.S. : d'autres albums sont en téléchargement, donc profitez-en !
samedi 5 juillet 2014
Winston McAnuff et Fixi, roots et parigot
- Winston McAnuff et Fixi A New day
Je n'en finis plus de revoir mon jugement sur le reggae ! Croyant en avoir été définitivement vacciné à l'adolescence (période de tous les excès, notamment musicaux), me voilà encore prêt à réviser mon jugement sur la foi de l'excellente collaboration entre le chanteur jamaïquain Winston McAnuff et l'accordéoniste parigot Fixi. C'est le 2ème album pour ces 2-là après le Paris'Rockin de 2006. En 2013, ils remettent les couverts avec A New day, ambitieux patchwork de musique de tous les horizons.
Winston McAnuff, 57 ans, c'est l'essence du reggae, le vrai, le jamaïquain. Une voix riche, profonde, élevée au gospel et que la France découvre sur le tard, dans les années 2000, pour ne plus jamais la lâcher, faisant de Winston McAnuff un citoyen français de cœur. Fixi, c'est l'autre moitié de Java, le fameux et unique groupe de rap-musette (à découvrir au plus vite pour ceux qui ne connaissent pas encore), accordéoniste et arrangeur de talent, adepte de fusion et toujours prêt à mettre son accordéon de titi parisien au service d'improbables rencontres.
Pour leur 2ème projet, Fixi a appelé plusieurs pointures à la rescousse (M à la guitare, vous avez bien lu, Cyril Atef à la batterie, Lindigo pour les tambours aux accents maloya, excusez du peu !). Tous ces musiciens réunis offrent un écrin à la voix superbe de McAnuff qui ne se prive pas pour lâcher les chevaux. Le rastaman rugit et démontre avec force l'ampleur de sa voix. On n'a jamais été aussi sensible au vocabulaire mystique du reggae, à sa dimension sacrée, à l'émotion et à l'amour qu'il transmet. Fixi ne fait pas que servir le beau chant de McAnuff aux amateurs du genre, il explore de nouveaux sentiers en s'aventurant du côté du maloya (écoutez l'excellent One two three, rien à voir avec l'Algérie) et en inventant, tout au long du disque, une sorte d'afro-pop de banlieue parisienne. Il faut aussi saluer la "facilité" du reggaeman qui évolue dans cet univers hybride comme un poisson dans l'eau, aussi naturellement que s'il y avait chanté toute sa vie. Du coup, tout ressort mieux, l'accordéon, la voix et le plaisir partagé dans la rencontre.
Les plus chanceux d'entre vous les ont vu aux dernières Invites de Villeurbanne, nous on est dégoûté de les avoir raté mais bon, ça valait le coup !
Longue vie à cette idylle !
Garden of love
One two three
Chroniqué à la Bande Son !
mercredi 2 juillet 2014
Yeahwon Shin, la délicate
- Yeahwon Shin Lua ya
Si la délicatesse était un album de musique, ce serait celui-là.
Lua ya est le 2ème album de Yeahwon Shin, chanteuse de jazz américano-coréenne. Récompensée en 2011 par un latin grammy award, on a peine à y croire en entendant son nouveau projet sorti en 2013 chez ECM. Simplement mais brillamment accompagnée du pianiste Aaron Parks et de l'accordéoniste Rob Curto, elle propose 13 titres, chansons et berceuses susurrées en coréen dans un album jazzy à la beauté vaporeuse.
Si léger qu'il flirte souvent avec le silence, Lua ya est une ballade dans l'enfance de la chanteuse, il en a la douceur et cette pointe de nostalgie de l'adulte qui cherche à faire revivre ses jeunes années. Les 2 musiciens qui épaulent la voix sublime de Yeahwon Shin jouent avec beaucoup de finesse tout au long du disque. Ils complètent avec brio le peu d'espace que laisse le chant et parviennent à étirer l'émotion des berceuses sur de longues minutes. Quand l'atmosphère se fait plus "sombre", comme sur le sublime The Moonwatcher and the child, on retrouve l'étrangeté et le mystère des contes pour enfants. Lua ya ne s'y inscrit pas mais il doit beaucoup à l'univers de l'enfance.
L'album a été enregistré en mai 2012 dans la salle de concert Mechanics Hall à Worcester dans le Massachusetts après une première rencontre lors de l'enregistrement d'un album solo du pianiste. Le courant passe tout de suite entre les 3 artistes qui improvisent longtemps ensemble le premier jour de leur rencontre avant de décider de se retrouver plusieurs mois plus tard pour l'enregistrement du présent album. Une belle rencontre et la confirmation d'une voix sublime.
Moving clouds
Chroniqué à la Bande Son !
samedi 28 juin 2014
Zanmari Baré, maloya et envoûtements
- Zanmari Baré Mayok Flér
Une nouvelle merveille venue de La Réunion ! Le berceau du maloya nous offre une fois encore la voix d'un de ses illustres représentants. Zanmari Baré s'il signe son premier album avec Mayok Flér n'est pourtant pas un jeune premier. Tombé dans le maloya sur le tard, il a commencé à composer pour lui et ses proches, avec humilité et discrétion, avant d'être encouragé par les siens à sauter le pas. Depuis, il a été adoubé par Danyel Waro lui-même, dont l'ombre tutélaire et bienveillante plane sur l'album. L'illustre aîné prête ses musiciens, son fils et sa voix aux besoins de l'album.
Le maloya, héritier des chants des esclaves, est un genre musical réunionnais. Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis 2009, il fut interdit de diffusion jusqu'en 1981. Avant cette date, détenir un des instruments qui servent à jouer le maloya était passible de sanction. Depuis, des artistes aussi charismatiques et magnétiques que Danyel Waro l'ont remis à l'honneur. De fait, le maloya est une musique qui a à voir avec le politique et l'identité profonde de la Réunion.
Envoûtant et émouvant, le maloya l'est particulièrement quand il est joué et chanté par Zanmari Baré. Sa voix et ses modulations sublimes sont un enchantement et que dire des arrangements de ses musiciens. Jouées sur des instruments traditionnels bien sûr (le roulèr ou rouleur, un gros tambour qui donne son rythme si particulier au maloya et le kayamb au son frotté caractéristique pour ne citer qu'eux) les compositions de Zanmari Baré lui ressemblent, douces et puissantes, traitant de thèmes à la fois intimes et universelles.
Nul besoin de parler le créole pour sentir l'implication de l'auteur-compositeur dans ses textes et dans sa musique. L'émotion est à fleur de peau et résonne dans cette voix et cette langue que manie si bien le chanteur. Il démontre ses talents de conteur au détour de courts interludes où l'on découvre que sa voix seule, sans l'appui du chant, est diablement évocatrice. Les autres titres, dont le duo a capella avec le maître Waro, sont des joyaux de lyrisme et d'harmonie.
Il flotte un parfum de nostalgie et de beauté pure dans ces 14 titres. A des milliers de kms de l'océan indien, on ne peut qu'être infiniment reconnaissant envers le label Cobalt de partager avec nous ce morceau de Réunion qu'on goûte avec respect et délectation. Un voyage enchanteur.
Chroniqué à la Bande Son !
lundi 23 juin 2014
Rivière noire, notre hymne de la coupe du monde
- Rivière noire Rivière noire
Après l'extraordinaire A Curva da cintura en 2012, c'est au tour d'un nouveau trio de musiciens d'horizons variés de remonter aux sources africaines de leur art. Orlando Morais, chanteur brésilien vivant entre Paris et le Brésil, rencontre en 2009 Pascal Danaé, musicien Guadeloupéen, à qui il confie sa volonté de réaliser un projet musical autour de l'Afrique. Danaé pense à Jean Lamoot, bassiste et producteur, ayant déjà travaillé avec de grands noms de la scène française et internationale (Bashung, Noir désir, Etienne Daho ou encore le Malien Salif Keïta). Les 3 hommes se rencontrent, commencent à jouer et à composer le jour même. L'idée d'un groupe germe immédiatement.
La suite, c'est un album lumineux et bouleversant, tant pour les auditeurs que pour les musiciens, enregistré au Mali avec la participation de gloires locales tels que Bako Dagnon ou Kassé Mady Diabaté et d'autres artistes tout aussi finement choisis, comme le montre la surprenante mais pertinente présence de Sylvie Hoareau, moitié brune du groupe Brigitte, sur le second titre. De la musique du monde donc, mais aussi un disque pop, facile et agréable à écouter, plein de mélodies aussi simples qu'efficaces.
Rivière noire, nom du groupe et de l'album, se compose de 12 titres émouvants que relient un désir d'Afrique et l'esprit d'ouverture. Les musiciens piochent avec gourmandise dans leur répertoires respectifs et dans la musique africaine, telle qu'ils se la représentent, bien sûr, mais aussi et surtout telle qu'elle leur tombe dessus pour le dire prosaïquement. On est frappé et ému sur un titre comme Bate longe d'entendre avec quel respect, quel plaisir et quelle émotion les 3 hommes accueillent la voix, il est vraie poignante, de Kassé Mady Diabaté. L'ensemble du disque est une invitation aux voyages, un plaidoyer pour la rencontre des cultures, le métissage et la belle utopie du cosmopolitisme.
On peut paraître enthousiaste (on l'est!), mais il est rare d'entendre avec un tel degré d'authenticité le plaisir de faire de la musique ensemble et de la partager. La chanson Londres Paris est à cet égard la représentation parfaite de la luminosité, de la fraîcheur et de la joie communicative de Rivière noire. Il se dégage de cet album une chaleur et une beauté qui emportent tout sur son passage. Alors, cessez toute activité, mettez au rancart vos vieux albums et écoutez sans plus attendre cette merveille musicale que nous offre 2014.
Londres Paris
Bate Longe
Chroniqué à la Bande Son !
mercredi 7 mai 2014
L'Instant metal d'avril 2014 : Terminator metal
Connaissez-vous le cyber metal ? Non ? Allez, je ne vous laisserai pas inculte : petite chronique de Demanufacture de Fear Factory. A noter que cet album a déjà fait l'objet d'un article dans l'ancien blog de la Bande son.
Demanufacture est THE album que out bon fan de cyber metal se doit d'avoir, étant donné qu'il pose les bases du genre : un metal indus extrême, lourd et conceptuel. D'abord, l'une des marques de fabrique (comme c'est fin...) de Fear Factory reste l'imparable duo guitare-double grosse caisse, cette dernière suivant avec précision les riffs tranchants de la première, riffs dans lesquels on perçoit les influences du thrash et de la musique électronique. La part d'ambiance est assurée par les claviers et autres samples sombres et froids. Le must de la galette reste le chant : il faut savoir que Fear Factory est l'un des premiers groupes à alterner le chant hurlé et le chant clair, le premier étant grognard et guttural, et l'autre grave et aérien. La production est là pour refroidir le tout, afin de coller au concept basé sur l'opposition homme-machine, inspiré entre autres par Terminator et Blade Runner. En bref : un album qui pose les bases du cyber metal et qui mérite son étiquette de culte.
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| Jaquette de Demanufacture |
samedi 3 mai 2014
L'Instant metal de mars 2014 : sombre et complexe (comme un café...ou pas...)
Je sais, vous devez finir par en avoir marre du djent. Mais j'ai deux arguments pour vous montrez à quel point Vildhjarta mérite qu'on y prête attention : d'abord, parce que c'est la vie et qu'on y peut rien, et aussi parce que c'est l'un des groupes du style parmi les plus aboutis artistiquement. Suivez-moi : je vous emmène faire un tour à Måsstaden !
Avant de parler du concept autour de l'album, un petit détour vers la musique. Sombre, lourde, exigeante : tout ce qu'il faut pour un bon groupe de djent. Les plans sont tellement compliqués qu'il faudrait beaucoup de patience pour un musicien pour les maîtriser parfaitement, entre les riffs interminables (non, ce n'est pas péjoratives) et les motifs de batterie mid-tempo destructurés. L'atmosphère plombée est également de mise tout au long de l'album, grâce à l'apport de trois guitaristes. En effet, pendant que deux d'entre eux exécutent les riffs, le troisième se charge des ambiances, soit avec un son clair, soit avec des leads bourés de reverb. Mais il n'y a pas que les guitaristes qui sont en surnombre : Vildhjarta compte également deux chanteurs parmi ses rangs. L'un au regitsre guttural, typiquement death metal ; et l'autre plus criard et orienté hardcore. A noter qu'à l'exception d'un titre, il n'y a aucun chant clair dans cette galette. Mais que les détracteurs se rassurent, les vocaux ne sont pas omniprésents et laissent place à beaucoup d'instrumentaux et d'interludes, en lien avec le concept.
Et d'ailleurs, parlons-en (en sachant que je n'ai pas non plus étudié l'album en profondeur...) ! Tout d'abord, pour info, le nom Vildhjarta (en anglais, Wildheart, ou "cœur sauvage" pour Norman) vient d'une traduction suédoise du jeu de rôle sur plateau Donjons et Dragons, qui, j'imagine, est une influence artistique du groupe. Trêve de suspense : Måsstaden (ville mouette) désigne une ville fictive et apparemment perdue au milieu de nulle part, sortie tout droit de l'imagination des membres. Chaque morceau de l'album raconte une histoire, un récit de cette ville. Ainsi, on peut donc imaginer le travail titanesque derrière cette galette, dans lequel l'instrumentation, les paroles et le visuel prennent part entière à ce concept. Si vous n'êtes toujours pas convaincu, jetez une oreille à Dagger...THALL !
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| Jaquette de Måsstaden |
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| Vildhjarta |
samedi 19 avril 2014
Psykick Lyrikah, punchliner d'absolu
- Psykick Lyrikah Jamais trop tard
Immense talent trop peu connu de la scène rap française, Psykick Lyrikah écume pourtant les scènes depuis 2003. Jamais trop tard, le 5ème album (à peu près) du groupe est une pierre de plus à l'édifice que construisent ces garçons, à l'ombre du succès grand public, des textes faciles et des prods accrocheuses.
Tout tourne autour d'Arm et de sa voix charismatique. Il compose la majorité des morceaux, épaulé par Olivier Mellano à la guitare et du talentueux Robert le Magnifique sur certaines compos (on se souvient de son incroyable Hamlet thème et variations sorti en 2007, splendide pièce sonore en hommage à la célèbre tragédie à laquelle Arm avait lui aussi brillamment participé). Psykick, c'est un univers musical sombre et abrasif. Les productions et les textes sont écrits avec la même encre très noire. Arm y parle de ses doutes, ses errances, ses choix. Il est question de la ville, de la condition moderne et de ces petites choses qui nous font tenir, une foi du charbonnier en la beauté, en quelque chose de difficile à atteindre mais qui doit bien exister quelque part. Mélange incroyablement frais et juste d'introspection et de pudeur, Psykick est typiquement le genre de groupe qui colle le frisson au détour de quelques punchlines.
Rock, abstract hip-hop, Jamais trop tard brouille les pistes et refuse avec fougue d'être enfermé dans un genre. Seule l'urgence de dire et la nécessité de produire comptent ici. Arm nous livre le fruit de ses entrailles, travaillé mais brut, tel quel, avec une franchise et une honnêteté rares et presque intimidantes. Un grand artiste.
Jamais trop tard
La Ligne rouge
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