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mercredi 14 janvier 2015

L'Instant metal de novembre 2014 : entrée vers le rêve


Pourquoi pas commencer l'année 2015 avec un article victime d'un énorme temps de latence ? Plongeons donc dans le metal progressif à tendance djent de The Contortionist, avec leur album Intrinsic, disponible dans les bacs de la médiathèque.

Jaquette d'Intrinsic
Avec cette galette, The Contortionist parvient à digérer tous les styles de musique les plus intello : rock progressif, death metal technique, jazz et ambient. Pour ceux qui ont une phobie des étiquettes et des termes barbares, on relève un certain nombre de facettes chez The Contortionist. Entre les passages ambiants et mélodiques (Holomovement) et autres relents brutaux à coups de blasts beats et de riffs techniques (Causality), en passsant par les moments plus groovy et presque Meshuggesque (Sequential Vision, Solipsis), on a droit à un album varié et qui ne s'assimile pas dès la première écoute. Les changements d'ambiances et de dynamiques sont nombreux et on retrouve même quelques idées intéressantes comme quelques passages en guitare acoustique, et même du piano venant soutenir les riffs bien lourds. Comme d'habitude chez un groupe de prog, la technique est là entre les envoyées jazzy du batteur ou la précision imparable et groovy des guitaristes, switchant entre les grosses rythmiques et les leads ambiants bourrés de réverbération. La présence de claviers apporte un gros plus aux morceaux au niveau atmosphérique. Au niveau chant, Jonathan Carpenter joue entre le guttural et le chant aérien très calme comparé à d'autres groupes. Enfin, chose intéressante, Intrisic est un concept album tournant autour de l'esprit humain et de la science. De quoi coller parfaitement à un djent exigeant et bien amené.




P.S. : ça fait déjà un moment que c'est le cas, mais grosse dédicace à Morgan pour qui c'était la dernière Bande son !

samedi 29 novembre 2014

L'Instant metal : comme si Deftones faisait du metalcore...

 
...en tout cas, c'est la seule comparaison que j'ai trouvé pour qualifier Sempiternal, le dernier album en date de Bring Me The Horizon.

Bring Me The Horizon (ou BMTH pour les intimes)
Pour en parler, je suis obligé de revenir sur les précédents efforts de BMTH (tout en sachant que je ne les ai jamais écoutés en entier...).
Car BMTH, au départ, c'est du gros deathcore sur leur premier album Count Your Blessings : bourrin mais très peu original et assez lassant. De plus, l'image assez sombre qu'ils se donnent cache une bande d'adulescents qui se veulent rebelles, mais cela ne fait que leur donner l'étiquette de "groupe de teenagers". Les albums suivants les mène vers une évolution légèrement plus mélodique et plus expérimentale, mais l'esprit "teenager" est toujours là. Alors, quand j'ai écouté le premier extrait de Sempiternal, autant vous dire que je me suis demandé si on avait bien affaire au même groupe...

Jaquette de Sempiternal
En effet, le BMTH de 2013 n'a rien à voir avec celui de 2006. On a droit à un metalcore très atmosphérique et bourrés d'influences variées. Le côté bourrin reste sur certain morceaux (The House Of Wolves, Antivist), mais les riffs sont beaucoup moins techniques. Dans tous les cas, une bonne majorité des morceaux donnent dans l'ambiant et l'atmosphérique, voire l'épique (Shadow Moses, Go To Hell For Heaven's Sake). L'ajout d'un claviériste apporte énormément au groupe et lui permet d'imposer des influences venant de l'electronica (Can You Feel My Heart), l'ambient et dans une moindre mesure, la dubstep. Mais le changement le plus flagrant reste au niveau du chant. Tandis qu'Oli Sykes nous lançait des growls puissants et des cris perçants (et probablement retravaillés en studio...) sur Count Your Blessings, il nous gratifie toujours d'un chant hurlé plus orienté hardcore, mais surtout d'un chant clair, encore criard mais extrêmement puissant. On retrouvera d'ailleurs deux facettes sur cette album : une plus rentre-dedans et qui envoie des gros riffs puissants et bourrés d'atmosphères, et une autre plus calme, amenés par les guitares claires, les ambiances et les boîtes à rythme. En bref, un album très abouti et mature qui montre, sûrement le meilleur de BMTH pour longtemps.

vendredi 19 septembre 2014

Casseurs Flowters : lâcheté, brutalité, précipitation...

Amis de la finesse et de la poésie...passez votre chemin. Tout du moins, pas ceux qui les apprécieraient avec une pointe de débauche. Révélés il y a quelques années avec Ils Sont Cools sur le dernier album en date d'Orelsan, le duo Casseurs Flowters qu'il forme avec Gringe débarquait l'année dernière avec un premier album après plus d'une dizaine d'années d'existence.

Jaquette de Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters
A l'heure où un certain Kanye West se vante d'être "da number one rockstar in da planet" et où d'autres vantent leur "qualités" bien plus fantasmées qu'autre chose, les Casseurs Flowters sont de vrais loosers...et l'assument complètement. Dans ce concept album, inspiré par des classiques comme Ombre est lumière d'IAM, on suit la journée de deux flemmards, de 15h à 6h, ayant pour objectif d'écrire LE single réclamé par leurs producteurs à qui "[ils doivent] de l'oseille". Chaque "action" de l'intrigue est un prétexte à un nouveau morceau traitant de thèmes comme l'amitié ou la débauche (je reste poli). Mais tout cela n'est pas si simple que ça : en effet, cet album est, dans un paradoxe avec le côté fainéant des deux compères, extrêmement bien fait, jouant sur toute cette débauche et cette flemmardise typique déjà de l'univers d'Orelsan. Entre les egotrips et puchlines absurdes (15h45 - Stupide ¡ Stupide ¡ Stupide ¡, 18h30 - Bloqué), les discussions intellectuelles (16h22 - Deux connards dans un abribus, 01h16 - Les putes et moi), les parodies (14h58 - Casseurs Flowters Opening, 01h25 - Johnny Galoche), et les guests hauts en couleurs (01h14 - Couplet de Claude (Interlude), 04h41 - Greenje et Orselane), la galette est un festival de débilité mais également de textes bien écrits et collant parfaitement au contexte. On retrouve également quelques morceaux plus taillés pour le live (20h13 - La nouvelle paire, 22h31 - Fais les backs) et d'autres plus "sérieux" (20h08 - Dans la place pour être, 06h16 - Des histoires à raconter). Gros plus : Skread, entre autres, aux commandes de la production, nous livre des instrus toujours aussi soignées et efficaces. En résumé, un excellent album de rap sous le signe de la flemmardise et de la débauche. A prendre évidemment au second degré.

vendredi 12 septembre 2014

Abigoba : jazz à tendances urbaines et cinématographiques

Bien que ce style n'est pas celui que j'écoute le plus, le jazz a souvent tendance à m'impressionner. Fragments of Human Words & Voices d'Abigoba ne fait donc pas exception à la règle.

Jaquette de Fragments of Human Words & Voices
Vu la jaquette et la citation de David Lynch derrière au verso, on comprend très vite où le groupe lyonnais veut en venir : cet album se veut un patchwork d'atmosphères dignes de grandes productions cinématographiques. A l'écoute de la galette, le pari est réussi, à tel point qu'on pourrait même entendre le film tourner pendant le morceau. La principale force du disque réside surtout dans la capacité à passer d'une ambiance à une autre grâce à la richesse du style nu jazz qu'impose Abigoba. Ainsi, on retrouve des influences variées, venant du jazz, de la soul, du funk, du hip-hop et de l'electro ; des morceaux calmes et ambiants aux pièces plus dynamiques et rythmées ; toujours en gardant une ambiance urbaine typique du style et surtout du groupe. De quoi satisfaire à peu près tout le monde, chacun pouvant imaginer une scène, allant du polar au décor SF dystopique en passant par le film d'auteur. Évidemment, la performance est de qualité que ce soit de la part des membres du groupes ou des musiciens de session dont l'énorme Erik Truffaz. Seul China Moses me laisse un peu de marbre, simple question de goût. Abigoba nous sert donc un nu jazz chargé d'ambiances et de musicalité, toujours dans un cocktail d'influences urbaines riche et varié.



P.S. : un grand merci à Jean-Luc Briançon, le master of soul, pour m'avoir offert cet album et à sa fille pour m'y avoir fait jeter une oreille !

vendredi 5 septembre 2014

Monuments (du djent ?...)

 

"Encore un !" me diriez-vous. Il est vrai que cet article est consacré à un énième groupe de djent, la vague moderne de metal progressif et expérimental. Laissez-moi quand même vous donner quelques arguments en la faveur de Gnosis des anglais de Monuments.

Jaquette de Gnosis
Alors que son groupe Fellsilent est dissout et que son ancien comparse Acle Kahney alimente son projet Tesseract, John Browne s'associe avec l'un des chanteurs de Fellsilent (rapidement remplacé) pour former Monuments, formation qui sort son premier album en 2012. A l'écoute de celui-ci, on pourrait effectivement avoir l'impression d'écouter une variante plus brutale de Tesseract. Cela n'empêche que l'album reste une bombe progressive efficace et mélodique. Entre grooves imparables, contretemps à la Meshuggah et les envolées ambient, le groupe sait varier son propos. Le disque est d'ailleurs bien structuré, les morceaux plus dynamiques et lourds se trouvant en première moitié d'album, les autres plus ambiants et plus casse-nuques dans l'autre moitié, le tout sans temps mort. A noter que l'édition limitée est agrémentée de deux pistes bonus, en l’occurrence, les versions instrumentales de deux morceaux de l'album. En ce qui concerne la performance, on est toujours aussi bien servi au niveau virtuosité de la part de tous les musiciens : batterie claquante, basse profonde et guitares bien équilibrées entre le côté mécanique et humain (à retenir l'énorme (et seul) solo sur Regenerate). La claque vient également du chanteur de l'époque Matt Rose (aujourd'hui remplacé par Chris Baretto, ex-Periphery), autant capable d'envoyer du chant hurlé agressif qu'un chant clair visant les notes les plus haut perchées. En parlant de voix, on note également l'apparition sympathique de Spencer Sotelo de Periphery au début de Denial. Monuments n'est donc pas qu'un énième groupe de djent, et il prouve avec Gnosis qu'il sait envoyer du bois en gardant son côté virtuose.

mercredi 27 août 2014

Periphery : "mais oui, c'est clair !..."

En attendant le troisième album Juggernaut qui devrait arriver d'ici peu, Periphery nous gratifie d'un mini-album/EP au concept très original.

Periphery
En effet, Clear est le fruit d'une expérimentation musicale collaborative : hormis le titre d'ouverture, chaque morceau a été composé par un membre du groupe en particulier, chacun étant également amené à intégrer dans leurs pièces respectives un bout de l'intro. On se retrouve donc avec une galette assez hétérogène dans son ensemble, permettant de cerner le style de chaque membre, entre les envolées pop de certains (Feed The Ground, The Parade Of Ashes) et les instrus plus cérébrales d'autres (Zero, Extraneous). En parlant de pop, il est étonnant de voir que le chant se fait bien plus mélodique et bien plus accessible que dans les précédents albums, à tel point qu'on pourrait croire à du pop rock à grosses guitares. Cependant, les passages plus lourds et autres chants hurlés ne sont pas à exclure : ça reste du djent. En résumé, un mini-album groovy, mélodique et varié qui nous permet de patienter avant l'énorme concept album qui devrait rapidement voir le jour.

mercredi 7 mai 2014

L'Instant metal d'avril 2014 : Terminator metal

Connaissez-vous le cyber metal ? Non ? Allez, je ne vous laisserai pas inculte : petite chronique de Demanufacture de Fear Factory. A noter que cet album a déjà fait l'objet d'un article dans l'ancien blog de la Bande son.

Jaquette de Demanufacture
Demanufacture est THE album que out bon fan de cyber metal se doit d'avoir, étant donné qu'il pose les bases du genre : un metal indus extrême, lourd et conceptuel. D'abord, l'une des marques de fabrique (comme c'est fin...) de Fear Factory reste l'imparable duo guitare-double grosse caisse, cette dernière suivant avec précision les riffs tranchants de la première, riffs dans lesquels on perçoit les influences du thrash et de la musique électronique. La part d'ambiance est assurée par les claviers et autres samples sombres et froids. Le must de la galette reste le chant : il faut savoir que Fear Factory est l'un des premiers groupes à alterner le chant hurlé et le chant clair, le premier étant grognard et guttural, et l'autre grave et aérien. La production est là pour refroidir le tout, afin de coller au concept basé sur l'opposition homme-machine, inspiré entre autres par Terminator et Blade Runner. En bref : un album qui pose les bases du cyber metal et qui mérite son étiquette de culte.

samedi 3 mai 2014

L'Instant metal de mars 2014 : sombre et complexe (comme un café...ou pas...)

Je sais, vous devez finir par en avoir marre du djent. Mais j'ai deux arguments pour vous montrez à quel point Vildhjarta mérite qu'on y prête attention : d'abord, parce que c'est la vie et qu'on y peut rien, et aussi parce que c'est l'un des groupes du style parmi les plus aboutis artistiquement. Suivez-moi : je vous emmène faire un tour à Måsstaden !

Jaquette de Måsstaden
Avant de parler du concept autour de l'album, un petit détour vers la musique. Sombre, lourde, exigeante : tout ce qu'il faut pour un bon groupe de djent. Les plans sont tellement compliqués qu'il faudrait beaucoup de patience pour un musicien pour les maîtriser parfaitement, entre les riffs interminables (non, ce n'est pas péjoratives) et les motifs de batterie mid-tempo destructurés. L'atmosphère plombée est également de mise tout au long de l'album, grâce à l'apport de trois guitaristes. En effet, pendant que deux d'entre eux exécutent les riffs, le troisième se charge des ambiances, soit avec un son clair, soit avec des leads bourés de reverb. Mais il n'y a pas que les guitaristes qui sont en surnombre : Vildhjarta compte également deux chanteurs parmi ses rangs. L'un au regitsre guttural, typiquement death metal ; et l'autre plus criard et orienté hardcore. A noter qu'à l'exception d'un titre, il n'y a aucun chant clair dans cette galette. Mais que les détracteurs se rassurent, les vocaux ne sont pas omniprésents et laissent place à beaucoup d'instrumentaux et d'interludes, en lien avec le concept.

Vildhjarta
Et d'ailleurs, parlons-en (en sachant que je n'ai pas non plus étudié l'album en profondeur...) ! Tout d'abord, pour info, le nom Vildhjarta (en anglais, Wildheart, ou "cœur sauvage" pour Norman) vient d'une traduction suédoise du jeu de rôle sur plateau Donjons et Dragons, qui, j'imagine, est une influence artistique du groupe. Trêve de suspense : Måsstaden (ville mouette) désigne une ville fictive et apparemment perdue au milieu de nulle part, sortie tout droit de l'imagination des membres. Chaque morceau de l'album raconte une histoire, un récit de cette ville. Ainsi, on peut donc imaginer le travail titanesque derrière cette galette, dans lequel l'instrumentation, les paroles et le visuel prennent part entière à ce concept. Si vous n'êtes toujours pas convaincu, jetez une oreille à Dagger...THALL !

samedi 11 janvier 2014

L'Instant metal de novembre 2013 : et un pot-pourri expérimental, un ! (et un lien de téléchargement légal en prime)


Non, vous avez bien lu : l'album dont je vais vous parlez est téléchargeable gratuitement et légalement sur le net ! Avant ma chronique, petite présentation du site luxembourgeois Jamendo, une plateforme sur laquelle des artistes et autres groupes amateurs mettent à disposition leurs créations écoutable et téléchargeable de façon illimitée, gratuite et légale, selon une licence libre. J'ai donc pu trouver sur ce site quelques petites pépites, dont le one-man-band A.I.(d).

Jaquette de Schematic Energy
Ce projet français (!) dirigé par son seul membre Lou Grégoire distille dans sa première démo Schematic Energy un metal expérimental aux influences très variées, tendant souvent vers le djent, le mathcore et la musique électronique, notamment la dubstep.On alterne donc les mid-tempos lourds, les blasts épileptiques et les passages plus calmes et plus ambiants. Les compos, bien qu'elles soient du nombre *épique* de trois, sont tellement bien construites, variées et réfléchies qu'elles donnent envie de réécouter ce jet plusieurs fois, même si l'on arrive jamais vraiment à les cerner complètement. Le tout est au service d'une production mécanique et très orientée électronique. Ce projet n'est pas sans rappeler son compatriote The Algorithm pour le côté mathcore électronique et déshumanisé. Avec un rapport qualité/prix pareil, on ne peut que se laisser tenter. Et si vous ne me croyez pas, allez plutôt jetez un œil sur cette page. Y a même un petit lien pour télécharger sans le moindre risque !

mercredi 27 novembre 2013

L'Instant metal d'octobre 2013 : refusez le système (ou pas..) !

Les metalleux auront compris de quel groupe je parle : autant apprécié par les puristes que par le néophytes, faites du bruit pour le groupe de metal alternatif System Of A Down et leur album Toxicity, sorti en 2001.

Jaquette de Toxicity
Au premier abord, les compos de cet album sont assez simple dans ses structures couplet-refrain, dans son instrumentation et dans ses riffs. Mais bon sang, quelles compos ! Alliant brutalité et mélodies, la galette se révèle extrêmement efficace. Et que dire du chant, Serj Tankian (car il vaut bien la peine d'être nommé) envoie du chant clair de qualité sur plusieurs octaves et une voix puissante et frénétiques pour ajouter un peu plus de brutalité aux morceaux. Ces derniers sont au service d'une production lourde et sale. Dernier point qui n'est pas négligeable : les quatre membres du groupe sont tous d'origine arménienne. Origine qui impacte l'album, car, en plus du fait qu'ils aient tous des noms en "-ian", la musique puise ses influences dans la musique traditionnelle arménienne, et les paroles sont bien souvent engagées, pas que pour taper sur la politique de Bush, mais aussi pour la reconnaissance du génocide arménien de 1915. Autant vous montrez directement de quoi System est capable avec l'excellent Chop Suey ! (avouez que c'est quand même l'une des meilleurs outros de l'histoire du metal, AVOUEZ !).

mercredi 20 novembre 2013

L'Instant metal de septembre 2013 : lourd ou planant...?

...encore mieux : le compromis ! Ce mois-ci, on s'intéresse à un groupe mythique du metal alternatif : Deftones, et leur avant dernier album, Diamond Eyes.

Deftones en 2010
Et je ne puis attaqué cette chronique sans un petit historique, essentiel quand on connaît l'histoire de l'album. Deftones naît en 1988, mais le premier album Adrenaline ne débarque qu'en 1995. Mais quel album : entre les gros riffs de guitares lourdes et la voix tantôt agressive, tantôt aérienne de Chino Moreno, le groupe est reconnu comme pionnier n°2 du nu metal (sous-genre qui fusionnent le metal à des influences plus populaires comme le rock alternatif ou le hip-hop) avec leur compatriotes de Korn. Ils poursuivent cette direction, quoiqu'en ayant une approche plus mélodique, avec Around The Fur en 1997. Mais l'arrivée des années 2000 est synonyme de changement : White Pony prend à contre-pied l'aspect agressif du groupe, certes toujours présent, mais beaucoup moins, l'album privilégiant les morceaux planant et aériens influencés par des styles comme la trip-hop, la shoegaze ou le post-rock. S'en suit deux albums en 2003 et 2006, respectivement Deftones et Saturday Night Wrist. En 2007, les Deftones planchent sur la composition de prochain album, Eros. Problème : Chi Cheng, le bassiste, est malheureusement victime d'un accident de voiture qui le plonge dans le coma. C'est soudés que le groupe enregistre Diamond Eyes en 2010 avec le bassiste provisoire Sergio Vega (qui, malheureusement, deviendra le bassiste officiel suite à la mort de Chi Cheng après la soirtie de leur dernier album en date Koi No Yokan en 2013...).

Jaquette de Diamond Eyes
Il faut savoir que le changement de direction musical de White Pony a créé quelques tensions au sein du groupe, notamment entre le guitariste Stephen Carpenter, adepte des gros riffs, et le chanteur Chino Moreno, privilégiant un côté aérien. Encore une fois, l'accident de Chi Cheng poussa le groupe à s'unir pour composer un véritable pot pourri, rassemblant tous les éléments qui ont fait l'identité musicale de Deftones : riffs lourdingues, mélodies planantes, voix criardes et mid-tempos efficaces. Stephen Carpenter s'est même permis d'alourdir le son en se payant le luxe d'utiliser une guitare huit cordes (deux cordes basses en plus qu'une six cordes). La voix de Chino est toujours aussi reconnaissable et toujours aussi excellente, alternant les passages aériens et les cris surhumains. Mention spéciale au DJ/claviériste qui nous offre des ambiances collant parfaitement aux compos. Le tout est au service d'une production propre, lourde et efficace. Je me suis permis de faire écouter deux extraits tellement les morceaux sont variés et excellents.




samedi 29 juin 2013

L'Instant metal de juin 2013 : barbarie technique de fin de saison


 Je me permets une autocitation datant de la Bande son de mai : "Bon, comme depuis quelques mois je présente des albums pas trop bourrins, le mois prochain, je me lâcherais !". Aussitôt dit, ausitôt fait : on va envoyer du bois avec l'un de mes groupes favoris, les barbares suédois de Meshuggah.

Meshuggah en 1995
 Groupe de metal extrême, expérimental et progressif, ce sont LES précurseurs du djent, mouvement que j'ai évoqué à plusieurs reprises cette saison. Cependant, l'album présent à la médiathèque, Destroy Erase Improve, datant de 1995, et un peu l'avant-djent, puisque ce son apparaitra surtout sur l'album Nothing en 2002.

Jaquette de Destroy Erase Improve
 En attendant, on a affaire ici à un gros morceau de viande à la sauce death/thrash technique, avec une production massive et mécanique, collant parfaitement au genre et rappelant un album sorti la même année : Demanufacture des mythiques cyber metalleux de Fear Factory. Les guitares sont lourdes comme dix enclumes (j'l'avais pas déjà utilisée, cette expression ?...) puisqu'elles possèdent sept cordes sous-accordées et un bon gros son. La basse (à cinq cordes, s'il vous plaît) possède aussi un sacré gain, distillant un son un chouilla saturé (overdrivé, pour les connaisseurs) qui donne de la grosseur et de l'amplitude. Le batteur (comme les guitaristes, d'ailleurs) est un vrai virtuose : on a l'impression d'entendre une machine pouvant jouer n'importe quelle partition tellement il est doué. Le chant est criard et hardcore. C'est bien simple, on ne trouve dans toute la discographie de Meshuggah qu'un seul morceau en voix claire (et encore, bourrée d'effets). Le chant est donc un hurleur confirmé, se lançant dans des envolées torturées et typiquement thrash. Les textes (point que j'évoque rarement dans mes chroniques) valent leur pesant de cacahuètes : toujours aussi abstraits, complexes, psychés, froids et déshumanisés. Ce genre de paroles ne se trouve définitivement nulle part ailleurs. Le tout se met au service de compos exigentes qui, bien qu'elles alternent les passages à tempos modérés et rapides, sont toujours très groovy et très rythmiques. On note également d'autres segments plus mélodiques, voire calmes, avec des solos rappelant le jazz fusion ou le free jazz, notamment dans la pièce Acrid Placidity, n'étant constitué que d'un solo avec une guitare au son clair comme accompagnement. En bref, un album technique, complexe et chirurgical, qui mérite qu'on y jette une oreille pour la virtuosité des musiciens.

 

mercredi 26 juin 2013

L'Instant metal de mai 2013 : on va pas se disputer !


 J'ai beau garder l'étiquette habituelle pour cette chronique, l'album dont je vais parler ici n'est pas vraiment un album de metal, tout du moins, pas comme on l'entend. Et il s'agit d'une nouveauté à la médiathèque : Wildlife du groupe La Dispute, qui n'est pas un groupe français comme on pourrait le penser (il s'inspire néanmoins de la pièce de Marvaux...) !

Jaquette de Wildlife
Ici, on a affaire à un groupe mélant post-hardcore, screamo, et spoken word, et autant vous dire que cet album est particulièrement difficile à chroniquer. En effet, et c'est un paradoxe, il est à la fois homogène et hétérogène : homogène dans la base des compos, et hétérogène dans la variété des morceaux. Explications...

D'abord, la production est parfaite pour le genre avec un son gras, naturel, et pourtant précis. Les grattes sonnent typiquement post-hardcore et envoient des riffs qui, quoique un peu classiques pour le style, restent originaux et inventifs. La batterie est bien rock et envoie du bois. La performance n'est pas forcément très technique, mais elle se suffit à elle-même et est très efficace. Vient ensuite deux pièces maîtresses du groupe qui font qu'il est unique en son genre : la voix et les textes. Tout d'abord, le chanteur est vraiment inimitable, puisqu'il ne sait pas vraiment contrôler sa voix, alternant entre un chant hurlé et torturé lors de passages musclés et un chant parlé typique du spoken word (sans blague !) dans les passages un peu plus calmes. Un autre point remarquable reste les textes : je n'ai pas tellement l'habitude de les évoquer dans mes chroniques, mais ils font ici partie intégrante de la musique de La Dispute. Littéraires et poétiques : c'est ainsi qu'on peut les décrire. Chacun semble évoquer une petite histoire différente entre chaque morceau. En bref, un groupe unique en son genre mélangeant habilement les sonorités hardcores, progressives et poétiques.